Risques liés à la course à pieds à jeun, et les précautions à prendre

Ecrit le novembre 20, 2015 dans Sport | 0 commentaire

Bon, allez, on se secoue, la vie continue !

Je vous l’avais promis, je ne vous fais pas plus attendre.

 

Donc cet article fait suite au précédent sur la course à pieds, qui expliquait les avantages du running à jeun, avec l’aide du Dr Jean-Charles Thérésy, spécialiste de la nutrition des sportifs (et pas seulement ceux de haut niveau).

Voici donc la suite qui va détailler les risques liés à cette pratique, ainsi que les précautions à prendre.

Alors on est reparti ? Go !

 

étirement pour la course à pieds

Et oui, c’est encore moiiiii 🙂

 

Quels sont les risques lorsqu’on court à jeun ?

Les risques de cette méthode sont à bien connaître et à mettre en balance par rapport aux avantages , car il ne s’agit pas d’une course comme les autres et cet exercice n’est pas forcément anodin.

 

1/ Fatigue

Comme on l’a vu  dans l’article précédent sur les avantages de cette pratique, les risques principaux sont :

  • fatigue musculaire importante,
  • sensation d’être tout le temps « crevé »,
  • faiblesse quand les sorties à jeun sont trop fréquentes et que l’organisme pompe dans sa masse musculaire (fonte musculaire, pouvant s’accompagner d’une perte de poids).

On a l’habitude de préconiser une sortie de ce type par semaine, en ne dépassant pas 50 minutes à 1 heure.

Sinon, le bénéfice est nul et cela s’accompagnera d’une baisse des performances, c’est -à-dire exactement le contraire de ce que l’on peut en attendre.

 

fatigue

Fatigue…

 

2/ Carence

La lipolyse se fait en puisant dans les acides gras essentiels de l’organisme : ceux dont le corps ne peut pas se passer, mais qu’il ne sait pas fabriquer, et qu’il se procure par voie alimentaire.

Le risque d’une utilisation trop importante de ces acides gras sera celui d’une carence, avec problèmes potentiels en termes de santé : notamment pour le cerveau, la gaine des  neurones étant constituée d’acides gras, et pour la peau, par exemple, la membrane des cellules étant constituée de phospholipides.

 

3/ Hypoglycémie

Le risque d’hypoglycémie est évidemment omniprésent dans ce type de pratique, puisque les réserves de glucides sont déjà presque épuisées en fin de nuit, et qu’on décide de ne pas les recharger par un solide petit déjeuner.

Il faudra donc toujours se munir d’un gel ou d’une barre hyperglucidique pour parer à tout symptôme annonciateur d’ « hypo » :

  • sueurs,
  • vertiges,
  • faiblesse extrême,
  • lourdeur des jambes,
  • sensation de « mur »,
  • malaise.

Malgré tout, la néoglucogénèse (la production de sucres par l’intermédiaire des protéines de l’organisme) est un mécanisme qui ne fonctionne pas trop mal, et le corps est fait pour supporter en général sans dommage ce type d’exercice.

 

L’hypoglycémie se rencontrera plus volontiers chez les pratiquants novices, non réguliers, ou affaiblis (diabète entre autres).

On réservera donc la course à jeun chez les joggeurs ayant déjà plusieurs mois (3 à 6) de pratique régulière (au moins 2 sorties par semaine).

 

4/ Cétose

La dégradation des acides gras s’accompagne de la production de corps cétoniques, potentiellement toxiques pour le corps (notamment les reins) quand ils s’accumulent dans le sang.

L’alimentation de la veille au soir et l’hydratation avant la sortie constitueront un élément-clé pour palier ce risque de cétos